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07 avril 2022

WINTRE-MIX

Cet hiver, des chercheurs de l’Université McGill prennent part à un projet nord-américain à grand déploiement : une étude qui scrute la grande région de la vallée du Saint-Laurent, dans le sud du Québec, jusqu’à la vallée du lac Champlain, au Vermont (États-Unis). Qu’est-ce qui intéresse la science ici? La pluie verglaçante, le grésil, les tempêtes de neige – bref, des phénomènes qu’on connaît bien au Québec. Première en son genre depuis des décennies, cette étude vise à mieux comprendre la transition entre ces formes de précipitations hivernales, qui se produisent lorsque le mercure approche le 0 °C. Ces connaissances pourraient notamment aider les météorologues à raffiner leurs prédictions.

Pendant six semaines en février et en mars, des scientifiques de cinq universités et de plusieurs organismes gouvernementaux ont passé jour et nuit à attendre ce que nous appelons du mauvais temps. Le bulletin météo annonçait aux gens de rester chez eux et d’éviter les conditions routières dangereuses? C’était le signal pour les météorologues du projet WINTRE-MIX d’aller braver la tempête pour prendre des mesures. L’un des outils à leur disposition était une flotte de quatre radars météorologiques portatifs. Ces appareils, qui servent normalement à l’étude de phénomènes météorologiques extrêmes comme les tornades, n’avaient jamais été utilisés en sol canadien. Les différentes installations de la Réserve naturelle Gault ont pu être mises à contribution dans le cadre de ce grand projet.

Les chercheurs ont également pu compter sur le réseau de stations météorologiques disséminées de part et d’autre de la frontière canado-américaine. Grâce à ce réseau, ils ont pu obtenir des mesures en simultané sur un vaste territoire. L’une de ces stations météorologiques se trouve justement dans la Réserve naturelle Gault, près du nouveau laboratoire de l’Adaptable Earth Observation System (AEOS).

Un immeuble moderne en bois avec de grandes fenêtres est visible dans un décor hivernal.
Le nouveau laboratoire de l'Adaptable Earth Observation System (AEOS), situé à la Réserve naturelle Gault (photo : Alex Tran)

C’est par un pluvieux soir de février que nous rencontrons Juliann Wray et Karel Veilleux, tous deux étudiants à la maîtrise en sciences atmosphériques et océaniques à McGill et l'université du Québec à Montréal respectivement. Leur tâche : lancer un ballon-sonde météorologique aux heures jusqu’à la fin des précipitations. Mais ce n’est pas tout – ils doivent le faire en parfaite coordination avec les chercheurs déployés aux autres stations du Québec et du Vermont pour que les lancements se produisent en même temps.

Une scientifique vêtue d'un manteau bleu, d'une tuque et d'une lampe frontale s'accroupie pour faire passer un très gros ballon blanc dans le cadre d'une porte.
Une difficulté inattendue : faire passer par la porte du laboratoire l’énorme ballon à l’hélium rattaché à la sonde, comme le fait ici Juliann Wray (photo : Alex Tran)

À 18 h tapantes, Karel et Juliann sont prêts à lancer leur premier ballon-sonde de la soirée. En quelques secondes, celui-ci s’envole hors de vue. Nos deux chercheurs se précipitent sur leur ordinateur pour vérifier que le lancement s’est fait correctement. Rapidement, les données commencent à rentrer, tout comme les messages de leurs homologues qui viennent d’accomplir la même opération dans leurs secteurs respectifs.

Un travail de collaboration scientifique à une telle échelle est fort impressionnant à voir. Nous avons hâte de voir les résultats que produira le projet WINTRE-MIX.

Deux chercheurs munis de lampes frontales s'apprêtent à lancer une sonde. Des gouttes de pluies sont éclairées par les lampes frontales. À gauche, le chercheur tient un gros ballon blanc d'une main et un appareil rectangulaire de l'autre. Les deux sont liés par une corde.
Karel Veilleux (gauche) et Juliann Wray (droite) s’apprêtent à lancer leur première sonde dans le ciel nocturne (photo : Alex Tran)

À propos de l'équipe de recherche

Le projet WINTRE-MIX est mené par des chercheurs américains de l’Université d’Albany (Justin Minder, Ph. D. et Nick Bassill, Ph. D.), de l’Université du Wyoming (Jeffrey R. French, Ph. D. et David Kingsmill, Ph. D.) et de l’Université du Colorado (Katja Friedrich, Ph. D. et Andrew Winters, Ph. D.), et par le Conseil national de recherches du Canada (Leonid Nichman, Ph. D. et Cuong Nguyen, Ph. D.).

Ceux-ci ont collaboré avec des scientifiques locaux : John Gyakum, Ph. D., Frédéric Fabry, Ph. D. et Daniel Kirshbaum, Ph. D., du Département des sciences atmosphériques et océaniques de l’Université McGill, et Julie M. Thériault, Ph. D., de l’UQAM (Université du Québec à Montréal).

Pour en savoir plus sur le projet WINTRE-MIX, consulter son site Web ou son fil Twitter.

Frédérique Truchon
Chargée des communications
Réserve naturelle Gault de l’Université McGill

En-tête : L’un des radars météorologiques portatifs utilisés dans le cadre de l’étude WINTRE-MIX dans un champ à Saint-Pie (QC) (photo : Alex Tran)

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