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20 avril 2021

La fonte des neiges : tout un processus

Les choses ont beaucoup changé dans le dernier mois : le printemps est arrivé et la neige a presque disparu de la réserve. C’est une période importante de l’année, le moment où une grande partie de l’eau stockée en neige est libérée et réintègre le sol, les rivières et les lacs. Si vous demandiez à un étudiant de première année en géographie comment fond la neige, il vous répondrait probablement que, « lorsque la température de l’air est supérieure à zéro, la neige fond ». Il aurait partiellement raison, décrivant un phénomène appelé « flux de chaleur sensible » par lequel la température de l’air transfère de l’énergie à la neige. Mais ce processus n’explique qu’une partie de la fonte ; il existe plusieurs autres sources d’énergie y contribuant.

D’instinct, nous savons que la température n’est pas la seule responsable. Peut-être avez-vous déjà remarqué des glaçons fondant au soleil par grand froid, ou constaté que la neige fondait plus vite autour des arbres et des bâtiments que dans les forêts à couvert ouvert. Ces scénarios s’expliquent par le rayonnement de courtes longueurs d’onde (énergie du soleil) et de grandes longueurs d’onde (énergie dégagée par les objets dont la température est supérieure au zéro absolu, soit -273,15 °C). La pluie peut aussi être une source d’énergie majeure.

Le processus d’advection — lorsque la pluie transfère son énergie à la neige — entraine beaucoup d’inondations, car les rivières et les fleuves se trouvent assaillis à la fois par les précipitations et par la neige fondante. Bon nombre des inondations majeures survenues au Canada sont attribuables à des événements de pluie sur neige.

Enfin, l’énergie peut aussi être transférée à la neige par conduction. C’est ce phénomène qui agit lorsque vous tenez une boule de neige dans votre main : la chaleur se transmet de votre paume à la neige. Pareillement, l’énergie peut se transmettre de la surface terrestre au manteau neigeux.

Si ces processus se ressemblent, la façon dont ils sont mesurés et les calculs utilisés pour les décrire diffèrent. Les scientifiques, dont ceux qui travaillent sur la réserve, déploient maints efforts pour comprendre et mesurer chacun des phénomènes énergétiques qui contribuent à la fonte des neiges et à d’autres processus comme l’évaporation et la croissance des plantes. Pour désigner l’ensemble des sources et des puits d’énergie, la communauté scientifique utilise le terme « bilan énergétique de la surface ». Puisque les changements climatiques risquent d’avoir des effets inégaux sur les différents éléments de ce bilan, on ne pourra anticiper leurs conséquences sur les événements comme les inondations et les sécheresses qu’en comprenant l’entièreté du bilan.

Greg Langston
Geoscience Research Technician
Department of Earth and Planetary Sciences
McGill University

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